Familier

publié le 08/10/2025 00:00

Familier, comme appartenant a la maison, a la famille, du latin "familiaris". Confiance si ce n'est reciproque en tout cas etablie, comme pour verbaliser l'existence de ce lien: la famille. Familier de naissance, acquis, obtenu malgres soit mais surtout familier comme cette melodie subtile qui accompagne notre vie, comme cette note unique que les liens de la famille nous donne. Ce fa par millier qui accompagne notre vie. Ce "fa" comme un "fait" encore inacheve, qui nous pousse a aller de l'avant en restant fier de cette inacompli, de ce qui a deja ete accompli surtout. Ce "fa" de la famille qui marque le debut qui ne s'achevera pas dans ce mot, qui nous laisse libre de choisir la suite: "fabuleux", "factuel", "falacieux", "faste", "fatal", "fatidique" ou bien encore "faune" pour surprendre des la prochaine lettre. Pour surprendre mais surtout ne pas s'achever sur la famille, surtout s'en eloigne. Familier, verbe qui ote son aile a la famille pour t'en donner, pour te pousser a agir, a te mouvoir, a t'extirper, qui te met en mouvement malgres toi, qui te fit millier dans cette masse d'unicite.
Familier, qui vit dans l'intimite de quelqu'un ou a rapport a cette intimite. Qui se comprend sans vraiment savoir pourquoi, qui apprecie le contact, la presence de l'autre, avec un soupcon d'innocence. Familier comme l'odeur des draps une fois qu'elle est partie, comme les petites habitudes du quotidien, comme chaque geste evident que l'on fait sans ne plus reflechir, tendrement, parfois par amour, parfois par erreur. Certain diront que c'etait attentionne mais alors, serait-ce encore familier, serait ce encore ce geste repete comme pour passer de "toi" et "moi" a "nous" ?
Familier, esprit ou creature surnaturelle qui nous depasse, qui nous gouverne, qui nous conseil, qui nous surveille. Incomprehensible par essence, le familier et notre parfait oppose: il n'est pas ancre au reel. Certain douteront meme de son existence. Il n'a pas d'autre utilite que d'appartenir a l'existence humaine car c'est avant tout le familier "de" avant meme d'etre un familier, ou meme un etre vivant, compagnon. Assitant dans la pratique de la magie pour nous faire fuir de ce que nous sommes vraiment. Messager d'une force divine qui nous ecrasera de toute facon, comme une familiarite qui decrit les parametres de notre vie, l'arite fataliste de notre existence, de nos problemes.
Familier qui commence par la femme et fini par s'y lier, malgres nous peut etre, malgres l'ethymologie meme du mot, comme pour nous detourner de l'utilisation premiere pour en faire une utilisation malsaine de ce mot. On s'y lie mais toujours un peu vite, comme si le terme manquait d'espace, manquait de temps pour passer de "familier" a "famille liee" ou bien "femme alliee". Comme pour nous rappeler de prendre ce temps si precieux, comme pour nous rappeler de ne pas nous precipiter, ni dans les mots, ni dans le coeur. 
Familier, fugitif "f" suivi d'un ami lier. Souffle ephemere d'une amitie qui ne durera pas, pour le meilleur ou souvent le pire. Ami lie a quoi finalement, si ce n'est a la decouverte, a la futilite du nouveau, de ce "f" qui ecorche vivement ce mot comme pour rappeler sa vivacite, sa fugacite, sa mortalite ? Ami lie ou plutot a lier peut etre, par ce familier du quotidien, par cette habitude douce un jour, melancolique le lendemain qui vient rythmer nos relations. Tambour d'une vie, rythme amer mais reconfortant, qui berce nos matinees melancolique dans une gelee joyeusement monotone.
Familier, comme outrageant, presque trop intime, trop proche. Ici synonyme de "grossier", qui souligne la demarche gauche, qui se donne trop de liberte. Et on ne s'en donnera pas assez en adoucissant le terme "agressif", "invasif", "desagreable" par ce simple mot: familier. On decrira ce passage dans notre intimite, ici bien malgres nous.

J'avais commence a ecrire ces quelques mots, il y a une semaine, ou peut etre plus. Je ne sais plus bien. Ils m'apparaissent d'un autre gout a la lumiere d'aujourd'hui.

Je commence a mieux comprendre ce mot: familier
Comme pour vouloir se rapprocher sans vraiment s'atteindre
Combien veux t on se dire les choses sans se l'avouer
Ne jamais se raviver ni jamais s'eteindre

Moi aussi ca me prend tout doucement, maintenant
Cette melancolie de tout ces soirs, sans doute
Nostalgie du souvenir de cet autre temps
Celui la meme ou nous partagions la meme route

Familier comme pour se rappeler de cela
Sans finalement se souvenir vraiment
Familier pour se convaincre que ca passera
Que ce n'est finalement qu'un moment

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