Maïeutique

publié le 22/01/2026 01:13

Il y a peut être deux semaines, un amis m'a demandé "qu'est ce que tu as appris de ces derniers mois". Je suis resté interdit. Plein d'idées se bousculaient sans qu'aucune ne me satisfasse pleinement. J'ai secoue la tête et je lui ai répondu que je ne pouvais pas encore dire, que je devais attendre le retour pour vraiment pouvoir me retourner sur cette expérience et en tirer tout ce que je veux en tirer. Je le pensais sincèrement au fond de moi.

Mais voilà, avant hier on a mangé avec un groupe d'amis dans un restaurant et vers la fin du repas on m'a posé de nouveau la question, de quelqu'un d'autre cette fois ci. Et je ne saurais pas expliquer, je me suis senti comme quitter mon corps. J'ai fixé le mur en face de moi et j'ai parlé, parlé, parlé. Jai parlé seul pendant 10mn, mes amis pendus a mes lèvres mais je ne les voyais pas. Je me suis vide de tout ce que je n'osais pas dire, pas prononcer certainement, par crainte qu'on trouve ça ridicule ou trop simplet. Tout ce que j'ai dit m'aurai semble ridicule il y a encore quelques mois. Mais voilà, j'ai trouvé ici une solution à un problème dont je me saurais formuler la question. Je ne pensais vraiment pas faire cette effet là dans ce groupe d'amis. Alors oui, j'aime bien parler d'habitude mais ils m'ont tous écouté religieusement et moi, je parlais, mais pas pour eux. Je parlais pour moi, pour donner du sens à tous ce que j'ai traversé, à toutes ces émotions, tout ce que j'ai encaissé, vécu, subi, aimé, pleuré pendant ce séjour. Jai parlé parce que c'est tout ce que j'avais à faire à ce moment là. Je n'avais rien à leurs dire mais j'ai prononcé ce que je n'arrivais pas à penser jusque là. Ce fut une maïeutique de moi a moi, de Swann à moi, qui se débat pour donner du sens a ce qui n'en avais jusque là pas tant.

Jai accouché d'une idée, d'un idéal en venant ici. Aujourd'hui encore, le coût me paraît cher mais il faut croire que ce n'est pas moi qui fixe les tarifs. Ca m'a fait du bien il me semble.

Un amis que je revois ce we m'a dit en partant : "j'ai envie que tu m'en dises plus quand on prendra le train samedi". 

Alors à samedi.

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