Rendez vous

publié le 15/09/2026 05:00

La porte s'ouvrit brusquement. Un jeune homme la franchit suivie d'une femme plus agee. Elle avait des yeux marrons et les cheveux fonces court. Elle contempla brievement la piece. Deux personnes attendait patiemment leurs tours. D'abord, une personne agee occupee a remplir ses mots croisees qui n'avait meme pas pris la peine de lever la tete et puis un garcon qui devait avoir la vingtaine. Ce dernier etait accompagne d'une jeune fille qui devait avoir son age. Elle semblait coquette, vetue d'une robe blanche, les cheveux blond tresses a l'arriere de son crane et les genoux croisees. Elle leva la tete. Lui, ne pris pas cette peine. Il ferma son livre d'un geste, se leva et, sans meme attendre que la professionelle n'eu le temps de saluer correctement sa patiente, il s'exclama:
- Bon, on y va ?
Ces quelques mots eurent pour effet de precipiter les salutations et le jeune homme qui venait de traverse la porte en franchit bientot une seconde en deux pas, se ruant dans le dedalle des couloirs du batiment. La professionelle tendit enfin le bras vers le garcon pour l'inviter a rentrer. La jeune fille se leva comme pour le suivre, lui frolant la main avant de l'embrasser en lui lancant:
- On se voit juste apres alors ?
Il acquiesa.
- Ouais... On fait comme ca. A tout'.
Il penetra dans la seconde piece. Cette derniere n'etait pas tres grande mais l'on ne s'y sentaita pas a l'etroit. Les murs etait sobres. C'est a peine si une bibliotheque et un cadre photo venait rompre la monotonie de la peinture beige. Il y avait un bureau dans le coin, avec un ordinateur visiblement en veille et un agenda accroche au dessus. La femme se retourna avant de lui tendre la main.
- Enchante, je suis Marie. Je m'excuse pour l'attente mon rendez-vous precedent s'est un peu prolonge. Je vous laisse vous assoir ?
Elle accompagna ses mots d'un geste qu'elle voulait encourageant designant les deux fauteuils qui se faisaient face a l'arriere de la porte. Elle pris soin de fermer l'epaisse porte qui separait la salle d'attente du cabinet avant de s'asseoir a son tour sur le second fauteuil.
- C'est votre premiere seance si je ne me trompe pas.
Le jeune homme pris une seconde a repondre, trop occupe a regarder autour de lui, comme pour jauger la piece.
- En effet.
Marie enchaina rapidement.
- Et bien expliquez moi un peu. Comment vous appelez vous ? Qu'est ce qui vous ammene me voir aujourd'hui exactement ?
Une moue renfrognait ssombrit le visage du garcon, qui repondit sechement.
- Moi c'est Matheo. Et puis pour ce qui m'amenne, ou plutot qui m'ammene. C'est ma copine.
Elle afficha un air surprit et repris avec entrain.
- Votre copine ? C'est surement elle que j'ai eu au telephone alors. Je vous avoue que je n'ai pas tout bien saisi. Elle me parlait d'une addiction un peu particuliere. Vous pouvez m'en dire un peu plus ?
Il leva les sourcils. Cette discussion lui paraissait deja trop longue.
- Addiction faut le dire vite. Vous appelez ca comme ca si vous voulez mais je suis pas de cette avis.
- Tres bien, alors appelons ca un penchant ?
Elle inclinait la tete comme afin de lui demander la permission. Il haussa les epaules.
- Ouais si vous voulez. Mais je suis pas scotche a ma biere et je me mets pas de la poudre dans le nez. Pour etre honnete, je suis pas certain qu'il y ai quelque chose a faire.
Elle le coupa.
- De quoi parle-t-on exactement ?
Il pris quelque secondes de reflexion, regardant autour de lui. Il aurait prefere s'electrocuter avec l'ampoule jaunatre qui donnait au lieu une atomsphere medical plutot que de repondre. Les yeux parcourant les differents livres de la bibliotheque, il repondit. 
- De sommeil.
- De sommeil ?
- Oui, de sommeil.
- C'est a dire ? Je ne suis pas sur de bien comprendre.
Il pris une grande inspiration avant de se resigner a se lancer dans son explication. 
- Bas vous voyez, hier soir, vous etes allee vous coucher j'imagine. Et bien moi pas.
Elle ecarquilla les yeux avant de balbutier:
- Mais... Comment ca vous ne dormez pas ? Jamais ?
Il fit non de la tete, une moue moqueuse sur le visage.
- Bas non pas jamais sinon je serait plus de ce monde. Vous avez jamais entendu parler de ces experiences de tortures qui ont pu etre faites ? On en creve de jamais dormir. Je dors quand je suis fatigue.
- Jusque la je crois qu'on se ressemble.
Il s'avanca dans son fauteuil. Cette derniere affirmation ne lui plaisait pas.
- Et bien non justement. Vous dormez quand la societe vous indique que c'est le temps de dormir. Que ce soit l'heure sur votre telephone ou bien le reveil que vous programmez le matin. Vous etes calle sur l'heure qu'on vous impose. Moi pas.
Elle regarda ailleurs, l'air pensive.
- Je vois... Et donc vous ne dormez pas parce que vous n'etes pas fatigue uniquement ou il y a autre chose ?
Il se recula dans le fauteil.
- Juliette a du vous le dire lorsqu'elel vous a appele. S'est une forme d'etat second la fatigue aussi. Il y a mille et une raison qui pourrait expliquer que je ne veuille pas me coucher parce que une grosse boule de feu est passe de l'autre cote de l'horizon ou de me reveille parce que le coq a decide de chanter.
- Je ne sais pas si nous pourrons parler des milles raisons aujourd'hui mais on peut peut etre faire les premieres ?
Elle avait l'air motive, il devait bien lui conceder.
- Je suis alle voir deux psychologues, une art-therapeute et j'ai fait des cours de meditation avant de venir vous voir.
Elle leva un sourcil.
- D'accord ? Et donc ?
Il  continua, faignant de ne pas l'avoir entendu et continua.
- Les psys c'etait mes parents quand j'etait gamin mais faut croire que soit je suis trop casse soit tout va bien chez moi parce que ca a pas dure. Quant a la therapeute et la meditation, c'est ma copine qui m'a emmener. On a meme fait le premier cours ensemble. Mais finalement j'en profiter pour piquer un somme tellement je m'ennuyait. Et puis c'est pas peu dire parce que comme je vous le dit, je dors vraiment quand je m'ennuie fort.
- Et qu'est ce qui vous pousse a voir une addictologue aujourd'hui ?
Il laissa echapper un leger rire.
- C'est surtout Juliette je vais pas vous mentir. Moi j'ai toujours vecu comme ca alors ca me pose pas trop de soucis mais s'est devenu un peu non negociable pour elle que j'essaie de m'adapter et rentrer dans les clous. Alors on a conclus que ca pouvait valoir le coup d'essayer ici. C'est elle qui vous a trouve. Qu'est ce qu'on ferait pas par amour...
Elle laissa un silence.
- Et donc vous avez envie ?
- Quoi donc ?
- Et bien de rentrer dans les clous ? Qu'est ce qui vous fait dire que c'est une addiction aujourd'hui ce "penchant" et puis pourquoi il serait temps de changer quelque chose ?
- Le cote addiction c'est plus les substances. Boisson energisante et puis des medocs pour tenir debout et reduire le mal de crane et puis quand je peux plus tenir le somnifere. C'est ca qui inquiete le plus juliette.  
- Pourquoi vous en parlez systematiquement a travers juliette ? Qu'est ce que vous en pensez vous ?
- Moi je vous l'ai dit j'ai toujours vecu comme ca ca me va bien. Et vous vous en en pensez quoi ? Vous devez pas avoir grand monde qui vient vous voir pour ca.
- Oh vous savez, je vois beaucoup de chose. Vous dites que ca fait depuis toujours mais ca a commence comment tout ca ?
- Je m'en souviens plus.
- Vous vous ne vous en souvenez plus ?
- Ouais, j'etais trop petit.
- Et vous n'alliez pas a l'ecole ?
- Seulement aux examens. Quand ma mere m'envoyait pour autre chose je fugait systematiquement et puis je rentrait pas avant mon pere. Au bout d'un moment ils ont laches.
- Et aujourd'hui vous faites quoi ? Vous etes toujours en etudes ?
- Je bosse dans l'informatique.
- Tres bien. Et ce n'est pas incompatible avec votre mode de vie ?
- "Mode de vie"... Vous vous mettez a parler comme Juliette. Non ca ne l'est pas.
 

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