La thèse du "je crois" : Préface

publié le 08/06/2023 00:00

Quelle est selon vous, la dernière conviction que vous ayez eue ? Posez vous quelques minutes et demandez vous réellement. Quelle est cette conviction ? Il s’agit d’une question plus que fondamentale. Les convictions agissent en nous comme des piliers, qui viennent structurer nos manières de communiquer, agir, penser. Ainsi, nos convictions régissent notre futur et notre présent, tout en dépendant en grande partie de notre passé. Elles s'immiscent de manière inconsciente dans les relations que l’on peut avoir avec ses proches, ses amis, sa famille… Avoir une conviction, c’est avant tout ne pas remettre en question son propre mode de pensée. Les mathématiciens appellent cela des axiomes. Il s’agit de règles avec lesquelles nous pouvons envisager de nouveaux théorèmes, de nouvelles perspectives mathématiques; dans notre cas, un avenir. Il est essentiel de s’appuyer sur des bases solides et des convictions saines pour bâtir sa vie. Il est moralement naturel pour chacun de s’approprier ses propres convictions sans jamais les remettre en question. Le plus souvent, un homme ne remettra ses convictions en questions qu'au bout de plusieurs années ou lors d’un électrochoc lorsqu’il failli perdre un proche ou qu’il se sépare d’un être cher plus généralement. Ce genre de bouleversement dans une vie ébranle suffisamment la personne pour qu’il soit en mesure d’aller questionner ses fonctionnements de manières suffisamment profondes pour comprendre d'où proviennent ses agissements. Les convictions suggèrent une pensée, un mode de raisonnement et plus généralement une société dans laquelle se construisent, s'adaptent, se challenger. Un homme ne garde généralement que très rarement des convictions solides pourvu qu’il voyage un peu et qu’il découvre de nouveaux horizons. Le dépaysement semble ainsi être un élément important dans l’inconstance de ses convictions.

 

Mais avant toute chose, il semble important de définir de manière correcte le terme “conviction”. Une conviction sera, tout au long de ce livre, une pensée fondamentale et non remise en question à l’origine d’un raisonnement. Prenons le temps de décortiquer un peu cette définition qui semble bien trouble en apparence. Le terme pensée peut apparaître comme familière à tout le monde mais le terme fondamentale vient appuyer sur la revendication que l’on peut faire de cette pensée. Ce caractère met en valeur l'assimilation totale, si ce n’est de l’origine de cette pensée, de l’ensemble de cette pensée elle-même. Il sous-entend un caractère personnel et identitaire, comme si cette idée avait toujours fait partie de nous. L’absence de remise en question appuie sur l’évidence de l’idée. Il nous est dès lors impossible d’approcher, ne serait-ce qu'un peu la substance de celle-ci. Ainsi, le principe même de remise en question existentiel de cette pensée nous est tout à fait désagréable. Il est cependant nécessaire. Finalement, cette pensée ne peut être nommée conviction si elle n’est pas à l’origine d’un raisonnement, d’une construction mentale que l’on a pu se faire afin d’expliquer et de rationaliser notre mode de fonctionnement. Il est instinctif et même survivaliste dans une société aussi complexe et développée que la nôtre de pouvoir expliquer nos méthodes de fonctionnement. Les relations humaines, les relations professionnelles et les relations plus généralement nous l'obligent ! Par conséquent, notre cerveau se construit ses propres présuppositions, ses propres règles qui ne peuvent pas au premier abord être expliquées mais qui ont une apparence de vérité dans l’environnement naturel de l’individu. Par exemple, un homme grandissant dans un milieu catholique ne saurait remettre en question l’existence de dieu. Il n’a jamais eu l’occasion de remettre cette existence en question et ne l’aura jamais pourvu que personne ne le lui propose. C’est un peu l’objectif ici de ce livre: vous proposer une manière alternative de concevoir toutes vos présuppositions, toutes vos convictions.

 

Cela étant dit, un être humain semble posséder quelque chose de plus primitif encore que des convictions, quelque chose qui se construit avant même son intégration à la société qui sera la sienne. Quelle que soit son origine, son ethnie ou bien sa langue, tout à chacun semble passer par une phase de la vie d’apprentissage et de construction que l’on appelle communément “enfance”. Ce moment de la vie si précieux dans lequel il est commun dans les sociétés occidentales d’être chéri, protégé, aimé par une famille du monde extérieur. Un enfant est par définition vulnérable. Il doit ainsi faire avec ce trait de personnalité et agir en conséquence. Il prend de manière tout à fait naturelle les traits des personnes qui le protègent: le plus souvent les parents. Cette enfant grandit, naturellement, mais demeure toujours quelque part en soi. Tous les actes qui nous semblent incontrôlés dans notre vie, toutes les facettes de nous qui semblent immuables sont une partie de cette enfant. Il est très souvent difficile de faire la part entre cet être interne qui nous protège d’une certaine manière comme nos parents ont pu nous protéger dans le temps et nos convictions personnelles qui ont pu se construire au fil du temps. L’ensemble de ce livre s’attardera dès lors à bien saisir ce que l’on peut mettre derrière le terme “conviction” et ce que l’on doit laisser à notre enfant, ce qui fait acte de valeurs à nos yeux

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