Les habitudes nous construisent. J’ai le sentiment que l’on évolue tous un peu chaque jour, à notre vitesse. Mais de manière inconsciente chacun a tendance à changer le temps d’une journée. Les changements sont ridicules si on les essaie de les confronter à la complexité que peut représenter le caractère de la personne. Seulement, chaque gros changement nécessite de plus petites adaptations. Ainsi, je me suis déterminé à changer depuis quelques mois mes habitudes fondamentales, en vain la plupart du temps. J’essaie aujourd’hui encore de m’en tenir à ce que j’avais pu me dire il y a de cela plusieurs semaines ou mois. Seulement voilà, le temps passe, de l’eau coule sous les ponts et je change inévitablement. Alors ce que je fais devient inconsistant et je finis par arrêter de fournir l’effort qui initialement me paraissait indispensable. Au final je ne crois pas que ce soit si grave. J’ai , en me retournant sur ces quelques mois, réussi à changer une chose plus précieuse que toutes les habitudes que j’aurai pu garder jusque là. J’ai réussi à rendre la prise d’habitude facile. Et je crois bien que la clé de la réussite se trouve peut-être ici. Alors oui, l’homme qui coupe du bois tous les jours sera un jour un excellent bûcheron. Je ne reviens pas sur cette pensée car elle me semble évidente. Il est nécessaire de se bouger chaque jour pour faire de chaque lendemain une journée qui nous rapproche un peu plus de là ou nous souhaitons finir notre vie. Car quoi qu’on en dise, cette vie aussi précieuse soit elle, tend un jour à se finir.
Alors voilà, je ne sais pas de quoi demain sera fait, c'est certain. Mais je sais que certains outils me seront toujours utiles, où que je sois et quoi que je fasse. La prise d’habitude en est un. C’est vraiment important pour moi de comprendre le mécanisme cérébrale qui m’empêche d’agir tous les jours malgré que je sais pertinemment bien tout le bien que cela peut me faire. Plus généralement, j'apprécie comprendre le fonctionnement de mon cerveau. C’est une forme de cohabitation constante avec lui et je sais combien je peut l’embêter avec tout mon manque de rationalité parfois mais lui aussi sait se faire détester lorsqu’il décide de ne pas me délivrer mes hormones du plaisir quotidiennes sous prétexte que la tâche est plus ardue que d’habitude. Alors certes, je lui demande un peu plus, mais je ne le trouve vraiment pas conciliant ! Je crois qu’il s’agit là d’un des plus grands mal qui touche notre époque, et tout le monde semble d’accord pour dire combien les récompenses instantanées dans notre quotidien atrophient notre ambition, notre volonté, notre motivation à agir.
J’ai vraiment pris conscience de combien ce mal atteignait l’ensemble de mon entourage lorsque ma mère, elle même s’est retrouvé à scroller sur son téléphone lors d’un repas et c’est indigné de frustration lorsque je lui ai proposé de supprimer le fil d’actualité que Google lui proposait par défaut. C’était un non catégorique. Peut être pas un non rationnel mais un non d’addiction, le genre de nom qui m’a donné une sueur froide. Tout va si vite et voilà déjà que ma mère tombe dans le piège infini du fil d’actualité, du contenu à l’infini même lorsqu’il n’y a plus rien à voir. Les plus grands de ce monde ont donc décidé d’user de ce biais humain qu’est l’habitude pour s’enrichir encore plus. Si les plus grosses entreprises de ce monde investissent autant à comprendre comment l’homme construit ses habitudes, c’est qu’il y a derrière le terme habitude quelque chose à découvrir et un vrai potentiel à exploiter.
Je ne dis pas que c’est facile cela dit, de savoir se contraindre et s’habituer à agir. A mon avis, il s’agit même d’une des choses les plus difficiles à faire lors de notre génération. Déjà lorsque j’arrivais en étude supérieure je comprenais pourquoi mon école pouvait coûter si cher (j’ai la chance de pouvoir être dans une école privée). Ce n’est pas parce que les enseignements prodigués étaient extraordinaires, loin de là ! C’était simplement que les étudiants qui arrivaient ici n'avaient aucune volonté d’apprendre. Pour être tout à fait sincère, je crois que l’entièreté des connaissances de la moitié d’entre nous se trouve déjà sur internet. L’accès à la connaissance semble accessible par tous, là ne semble pas être le problème. Alors comment expliquer les différences de cultures entre les différentes classes sociales de cette foutue société ? Visiblement, avoir accès à l’information ne suffit pas à l’assimiler. Je suis intimement convaincu que notre environnement influence ici nos habitudes qui influencent elles même notre culture.
Alors voilà, je pense désormais pouvoir le dire avec certitude, la différence entre quelqu’un qui réussit et quelqu’un qui échoue ce qu’il entreprend ne se situe pas dans le macroscopique mais plutôt dans le microscopique, autrement dit, dans les habitudes.
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