Art ?

publié le 28/06/2023 02:00

Photo de couverture par Reynier Llanes "Roméo and Juliette"

Je me suis surpris récemment à remettre en question la définition de l'art que je pouvais avoir, à m'apercevoir en fait qu'elle n'était pas aussi défini que ce que je croyais. Finalement, l'art, c'est quoi ? On en voit un peu partout, dans la musique, dans la télé, dans la radio, dans les peintures, dans les statues, dans les musées, dans la rue... Mais est-ce qu'on saurait vraiment le définir ? Est ce que si je vous demande une définition d'art maintenant tout de suite, elle vous saute de manière évidente à l'esprit ? Pour ma part, c'est un grand non qui s'impose à moi. L'art est complexe, bien plus que ce que je me suis dis au premier abord. Je me souviens de mon père qui me trainait à l'époque dans les musées et essayait tant bien que mal (gros respect à lui) de me montrer combien les oeuvres qui se tenaient devant mes yeux étaient superbe. Ca ne m'a jamais touché, à ce moment là. Alors oui évidemment certaine oeuvres produisent quelque chôse mais aucun de ces sentiments qui peuvent te marquer à vie. Jusqu'à ce que je découvre l'art par moi même, à travers mon propre prisme, ma propre vision de la chose. Et pour être honnête, là non plus ca ne m'a pas beaucoup parlé. J'ai d'abord appris à apprécié la technique et le coté très académique de la chose. Ayant pu m'essayer un peu au dessin d'observation et à la bd dans les heures perdues sur les bancs de l'école (comme beaucoup d'entre nous je crois), j'avais un grand respect pour les mouvements réalismes, humanisme et naturalisme : tout ce qui avait pour vocation d'épouser le réel de la manière la plus sophistiqué possible.

Mais pour être tout à fait sincère, à ce moment là non plus, je ne me posais pas fondamentalement la question de savoir ce qu'était l'art. A mes yeux, l'art était le beau et rien de plus. Cela se suffisait à lui même. Il y avait un coté subjectif, un coté objectif que pouvait être la technique et basta ! L'ensemble semblait plutôt complé et tout ce qui pouvait s'en détacher était un groupe de personne n'ayant pas réussi à suffisamment se rapprocher du réel dans leurs oeuvres et s'attachant malgrè eux à produire un autre style. Et finalement ce n'est pas une idée absurde, même après coup. Pendant de très nombreuses années, des régles de la beauté dans l'art ont été érigée (de manière ferme durant le classicisme, régis par l'académie des Beaux-Art). Je ne veux pas transformer ce post en un cours déguisé de l'histoire des arts, je suis très loin d'être suffisamment au point pour prétendre pouvoir vous apprendre quoi que ce soit et ce n'est pas le but ici. Je souhaite simplement souligné que durant des années, régir l'art sous des régles strictes était vu comme la norme et ce fut un de mes élans premiers que de suivre cette tendance. Ce qui est difficile à produire et requiert de la technique est du grand art : voilà le dogme que je partageais.

Mais voilà, une fois que l'on définit l'art comme étant la technique et la recherche de la complexité du réel reproduite dans une oeuvre, il y a un hic. Comment peut on expliquer, avec ce même principe, les émotions que peuvent procurer les autres formes d'art, les autres mouvements artistiques ? Ici encore, il s'agit d'art semble-t-il. Et malgrè que cet art ne soit pas régis par une fomre de cardre, il produit parfois quelque chose que tout le réalisme du monde ne saurait reproduire. Alors peut être, que ce dogme ne se suffit plus. Une idée a germé dans ma tête alors que je réfléchissais à cette phrase que l'on peut entendre parfois, des grands penseurs et artistes, sans jamais vraiment comprendre complétement ce que cela veut dire : "l'art est partout".

Ah oui ? Partout ? J'ai du mal à y croire. Et pourtant, il y a quelque chose à creuser ! Et voilà déjà que je m'active à essayer de rassembler mes idées les plus farfelus pour trouver finalement ce que peut bien être l'art. L'art ne peut par essence pas être partout, sinon il ne serait nul part aussi. Si tout était art, alors il nous serait impossible de le distinguer car nous ne pourions pas appréhender l'absence de l'art. Si je n'ai jamais pu appréhender une cigarette, je ne peux pas en être dépendant. Un peu en suviant ce même princpie, si l'art est partout, alors la question que je suis en train de me poser n'aurait pas de sens. Si tout était art, son étude serait veine et sa pratique inutile. Peut être est-ce le cas mais cela bouleverse trop de chose pour être une théorie raisonnable à mes yeux.

Alors pourquoi tout le monde ne s'accorde pas sur une définition exacte de ce que l'art est ? Il y a un problème quelque part, reprenons depuis le début. L'art doit pouvoir apparaître partout, afin de conserver cette grande idée du "tout est art", ou plutôt pour être exacte "tout peut être art". Ainsi, l'art ne dépend visiblement pas de l'endroit ou de l'objet. Il doit être défini ailleurs. Il doit dépendre non pas de ce qui a pu être fait pour en arriver à la conception d'une oeuvre mais plutôt dans l'appréhention de l'oeuvre elle même. Par conséquent, la relation de l'observateur à l'oeuvre semble être une des clés de la définition de l'art. Il me faut une définition simple, sinon je ne m'en sortirai pas. Quelque chose qui puissent être compris par tous. Quelle relation ai-je bien pu avoir avec toutes les oeuvres que je considérais personnellemnt comme de l'art tout au long de ma vie ? Une certaine forme de respect certainement... Mais pas que ! J'ai pu être perplexe, choqué, mal à l'aise ou bien impressioné par des oeuvres. Le respect ne suffit pas, c'est au delà. Cela réside dans l'ensemble des sentiments que l'on peut éprouvé. Et voilà peut être la différence notable entre l'art et ce qui n'est pas art : les sentiments.

Finalement, après pas mal de réflexion, j'en arrive à penser que l'art se défini comme suis:

" L'art est, là ou l'on ressent quelque chose"

Alors oui, ca inclu beaucoup de chose, certains diront peut être même trop. Je connais des gens qui ne considére pas les relations humaines comme de l'art. Selon ma définition, c'en est. Un échange de regard ou une accolade peuvent provoquer autant de chose qu'un tableau, une sculpture ou une musique il me semble. Alors pourquoi restreindre l'art au matériel. L'art contemporain (et moderne) sont suffisamment inclusif pour considérer des éxpériences et du vécu comme de l'art. Alors pourquoi pas le quotidien ? Je ne crois pas que l'on ai réellement besoin de volontairement avoir une démarche qualifié "d'artistique" pour définir le moment de vie comme de l'art. Ainsi, ma définition fait de chacun de nous des artistes. Vivre suffit à créer car nous aspirons tout à chacun à ressentir. Je partage un peu de mon oeuvre avec les gens que j'aime et réciproquement. Une peinture est éphémère : une vie aussi. Ce qui restera finalement, ce sera l'ensemble des sentiments que ces deux énergie ont pu provoqués. J'aime à penser à travers le trou de serrure des sentiments.

Et peut être, qui sait, que je suis dans le faux complet et que l'art n'est rien de tout ce que j'ai pu dire ? Qui sait ? Certainement pas moi.

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