Je sais que les gens disent que l'amour ne dure qu'un temps mais je suis un de ses rêveurs, j'aime à penser que si l'amour ne dure qu'un temps, les sentiments émotions eux restent pour toujours. Ils sont un peu similaires à nos souvenirs. Aussi longtemps que je serai sur terre, j'ai la certitude qu'une part de moi restera. Cette part de souvenirs que mes proches gardent en eux, cette part de complicité, d'authenticité, de partage, ces moments uniques que nous avons pu partager. Je suis un de ces rêveurs éveillé qui préfère la nuit, les bras d'une femme aux bras de Morphée. Je crois que si l'amour a quelque chose d'éphémère, c'est avant tout sa prononciation. Lorsqu'au détour d'un souffle, lorsque l'on regarde quelqu'un dans les yeux, lors d'une étreinte fraternelle ou aimante, deux personnes se comprennent et s'écoutent. Je crois que l'amour, avant d'être un moyen de communiquer, c'est avant tout un moyen de comprendre l'autre. Lorsque l'on parle d'amour, il ne s'agit pas de savoir parler à l'autre, il s'agit de savoir parler la langue de l'autre. Je veux dire par cela qu'il ne s'agit pas tant de communication mais plus de compréhension de l'autre. À force de côtoyer les autres, nous apprenons à les comprendre, à assimiler leur manière de fonctionner. Aimer l'autre c'est avant tout lui exprimer notre idée dans ces mots, lui faire comprendre notre manière de penser, de fonctionner, mais pas sous notre paradigme.
Il y a chez chacun de nous une forme de richesse, dans notre expérience, dans notre vécu. Nous possédons tous certaines expériences qui font de chacun de nous des êtres uniques, des êtres à part. Aimer l'autre, c'est chercher chez cet être sa manière de communiquer et de se mouvoir dans ce monde complexe qu'est le nôtre. Je crois aimer l'autre lorsque je lui parle dans ses mots, lorsque je lui dis ce qu'il veut entendre ou plutôt ce qu'il peut. C'est aussi pour cela que les mots me semblent insuffisants. Ils sont tellement creux en un sens. Ils ne sont pas capables de contenir l'entièreté d'un vécu humain. Une personne est tellement plus complexe qu'une simple phrase ou même un texte. Je ne crois pas que mon idée puisse entièrement être apposé sur un texte. Je ne crois pas que la complexité humaine puisse être réduite au vocabulaire. Alors oui, l'écriture est un outil extraordinaire mais l'amour et le temps ont le pouvoir que les mots n'ont pas. Ils sont capables de transcender l'humain, de le surpasser en un sens. Les mots sont esclaves de l'homme mais l'homme esclave du temps. Nous sommes tous contraints de vieillir, nous sommes tous en un sens soumis à une forme d'amour primitive. D'abord, celle de nos parents, celle de notre famille, puis celle de nos amis, et enfin, celle de nos rencontres amoureuses. Chacune de ces personnes possède en elle une manière d'appréhender la vie, une manière d'appréhender sa vie. Je crois que la richesse de la diversité humaine réside ici. Je suis de ceux qui pensent beaucoup, non pas à ce que moi-même je pense, mais à ce que chacun de mes proches pourrait penser dans la situation dans laquelle je suis. Se référer aux autres, c'est peut-être ça la sagesse. Je crois que l'amour transcende même peut être le temps. Il est pour moi, comme un fil d'Ariane, comme une règle, une norme, une forme de transcendance. Si certains voient en la religion un être appelé dieu qui aurait un pouvoir d'action infini, je crois que l'amour qu'un homme peut porter va au-delà même de ce pouvoir d'action.
J’ai conscience que ce texte peut-être un peu redondant, que j'exprime beaucoup de fois la même idée, je dois avouer que je l'ai dicté non pas parce qu'écrire était trop compliqué, trop hardu pour moi. J'aime l'écriture. Je voulais simplement ne pas réfléchir, ne pas penser, parler de moi et de ce que je pense sans vraiment réfléchir à la prochaine phrase, au prochain mot. C'est un peu ma manière de penser, ma manière de réfléchir, je ne veux pas être trop compliqué, trop exhaustif dans ce que j'essaie de dire. Pour être honnête, je sais que ce texte n'est pas forcément beau, pas travaillé. Mais c'est ainsi, assez brouillon, mais lorsque l'on prend le temps de s'attarder sur une phrase, un mot, un détail au détour d'un sourire ou bien d'un regard, alors on sait qu'on aime cette personne.
Aimer c'est compliqué, détester l'est encore plus. Je crois que la haine a un vrai point commun avec l'amour. Chacun d'eux ne saurait s'amoindrir. Lorsque j'aime, j'aime vraiment. Lorsque je déteste, je déteste vraiment. Je ne crois pas qu'il s'agisse de sentiments qui puissent être changés.
J'ai conscience que ce texte est un peu une pierre brute, qu'il manque de finition, qu'il manque de travail. C'est quelque chose que je veux. Je suis imparfait. C'est difficile à admettre, mais je ne veux pas retravailler ce texte, je ne veux pas retravailler qui je suis. Lorsque je me trompe, lorsque je n'écris pas ce que je pense réellement, lorsque les mots sont imprécis, lorsque je bafouille, je suis moi. Je ne suis pas un écrivain, je ne suis pas un artiste, je ne suis pas un homme, je suis un peu de tout cela à la fois. La perfection, c'est être toutes ces choses complètement. Mais je n'ai pas assez de place en moi pour accueillir chacun d'eux. Alors, lorsque je ne suis pas precis, lorsque je failli, lorsque je me trompe, lorsque je fais une erreur, il faut accepter de ne pas être écrivain. Il faut accepter qu'une plume, sa tâche, ça n'écrit pas seulement. Je vous laisse donc ce soir, avec cette plume entachée. Je vous laisse donc, car c'est un peu moi, au fond de cette tâche. Ce n'est pas un endroit où je me sens à l'aise, ce n'est pas un endroit où je me sens beau, mais c'est où je suis. Je suis un être faillible, je suis un humain. La perfection a de bon que chaque chose qui soit parfaite se suffit à elle-même. Lorsque quelqu'un est parfait, ce qui arrive rarement vous l'admettrez, c'est une personne qui est seule. J'ai longtemps envié cette personne, aujourd'hui je la plains. Aujourd'hui je la pleure. Je sais la peine que cela peut représenter. Je crois que la solitude à quelque chose de réconfortant. Lorsque l'on est seul, il est plus simple de croire que nous sommes dans le bon.
Alors voilà, je suis mauvais, je vous ferai mal, je me ferai mal, je me tromperai, je ne ferai pas ce qu'il faut, je ne serai pas aimant, je ne serai pas soutenant, je ne serai pas courageux, je ne serai pas mature, je ne serai pas insensible, je serai juste humain. C'est difficile mais c'est moi.
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