Manque

publié le 25/05/2023 00:00

Le manque. Ca fait peur ce mot quand on le voit. Que ce soit le manque dû à l'addiction, la dépendance ou juste un manque vital et nécessaire à notre vie, il est omniprésent est dur à vivre quel qu'en soit les causes. À travers l'éxpérience plus ou moins traumatisante de notre premier vrai manque: la colonie de vacance ou la classe découverte, à travers un proche qui part un peu trop tôt, à travers des amis qui s'éloignent un peu trop vite, à travers un amour plus ou moins proche, à travers des parents ou une famille plus ou moins là... Le manque, ça semble régir un nombre considérable de nos relations aux autres. Je dois dire que depuis que je suis en étude supérieur, j'ai eu un sacré paquet de fois l'occasion de le cotoyer ce vieil amis qu'est le manque.

D'abord un manque brut et difficile à saisir du haut de mes 6 ans. Un divorce parental, pas si compliqué dans mon souvenir, qui m'a donné un avant-goût de la sensation de ne pas avoir la proximité maternelle et paternelle en même temps. Ce manque, je dois l'avouer, ne m'a pas grandement marqué. Pas plus que le divorce en lui même dont je me souviens assez peu pour être honnête. Je me souviens avec précisions des livres que j'ai pu lire, des dessins que j'ai pu faire ou des hisoires que j'ai pu me raconter à cette époque mais très peu de cette sensation qui perdurera sur l'ensemble de mon enfance puis adolescence qu'est celle du manque du couple parental. Je ne m'attarde pas sur ce manque, mes souvenirs ne s'y sont pas attardé non plus.

Ensuite un manque juvénil et naturelle, un arrachement au parents, un stress aigüe d'enfant. Une classe découverte en Auvergne, et un départ en bus la boule au ventre. Une nuit compliqué renfermé sur moi même du haut de mes huits ans. La perspective de partir m'excité suffisamment pour avoir laissé ma mère dormir en paix ce jour là. Je regardai ce grand voyage à l'autre bout du monde comme un véritable défi. J'avais eu en tant que petit frère le retour de mes deux grandes soeurs sur ce que pouvait représenter ce genre d'aventure et me refusais à m'abandonner à la peur dans laquelle j'avais pu voir mes frangines quelques années avant quand elles étaient à ma place. Le séjour s'est très bien passé et ce manque a constitué un rite de passage obligatoire et une peur de l'inconnu plutôt qu'une véritable souffrance. Il m'a certainement fait grandir et ce fut un premier pas vers le monde de l'autonomnie.

Un manque amical par la suite. Mon meilleur amis ne partageant pas le même lycée que moi, ces quelques années au collége se trouvèrent bien courte à mes yeux. Il m'avais véritablement aidé dans le grand bain que peut représenter le collège (surtout le mien). Je me refit des amis évidemment ! Mais je crois que son absence fut la première dont je me souviens qui fut véritablement douloureuse. Par ailleurs, ce même amis traversa au même moment une période compliqué dans sa vie personnel, menant à des questions de la part de mes proches auquelles je ne pouvait répondre, faute de contact. Plus qu'un manque encore, je crois que je l'ai vraiment vécu comme une séparation. La distance que nous imposait la vie constituait sûrement pour moi une cruelle injustice. Mais commme dirait une célébre phrase affichée dans les WCs chez ma mère (oui oui, true story):

Ne vous attendez pas à ce que la vie soit équitable

Un manque amoureux vint assez naturellement à la fin de mon lycée. D'abord lors du confinement puis lorsque je mis pour la première fois un pied dans le monde des étudiants, de l'appartement parisien à peine suffisamment grand pour m'y loger moi et ma solitude. Je m'y étais préparé, j'avais essayé d'anticiper toutes mes réactions face à ce genre de manque. Mais je crois que ce qui m'a véritablement convaincu de rejetter tout signe de ce sentiment de manque, c'est avant tout l'éxpérience que j'ai pu voir d'une de mes proches ayant traversée une période de relation à distance avec son copain de l'époque. Sceau de larme après nuits en appel, je ne pouvais que constater combien sa relation lui prenait de l'énergie, du temps et de la charge mental. Je me suis, je crois, secrètement promis depuis ce jour de ne jamais en arriver là. Je ne veux pas d'une relation de dépendance, d'une relation de manque et de pleurs. Je crois que je n'ai pas su à ce moment là l'exprimer correctement. Ni à moi même, ni à personne. C'est toujours difficile d'admettre cela aujourd'hui. J'ai un peu la sensation et la peur d'avoir basculé malgrès moi dans le coté opposé de la chose. J'ai l'impression de ne pas savoir véritablement comment je réagis moi au manque. Je calque beaucoup de mes réactions sur l'antipode de celle que j'ai constaté être néfaste.

Finalement, la solitude. Le manque de relation, le manque de connection, le manque de réciprocité. Évidemment, avec un profil comme le mien, c'est dur de savoir si une personne me manque et je me le refuse ou si je ne lui prête simplement pas d'attention. Alors, la vie d'étudiante prenant le pas, je m'éloigna naturellement de beaucoup de personne en partant du foyer familial. J'ai eu à traversé une première année très difficile. Sans savoir trop vers qui me réfugié par peur de la dépendance, le monde d'avant me manquait. Mais par dessus tout je crois avoir perdu de vue l'enfant qui ne doutait pas, celui que je pu être au cour de mon enfance, celui qui m'a permis de grandir dans un monde chaotique accompagné de mon cerveau beaucoup trop plein pour mon âge. Je n'aime pas m'appitoyer sur mon sort, je ne peux cependant me retourner sur ces années avec autre chose qu'un poid sur le coeur. Je crois que je ne suis toujours pas prêt à faire le deuil de cette enfant. Je suis toujours en train d'essayer de le réanimer, ou j'en ai en tout cas l'éspoir. Parfois, lorsqu'il m'arrive de repenser à ce que j'ai pu vivre ces années de lycée, je crois pourtant l'entendre. Ce que j'ai pu mettre derrière le mot solitude au début de ce paragraphe me semble maintenant pouvoir se crystaliser dans le manque que je peut ressentir de cette être insouciant et rêveur, qui ne regardait pas le monde mais l'admirait; qui n'avait pas d'objectifs mais des rêves; qui ne connaissait aucune limite sinon celle de son imagination. 

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