Jet d'encre, la peur

publié le 21/08/2023 00:00

Je devrais peut-être commencer par expliquer ce qu'est un jet d'encre, un jet d'encre et tout simplement un de ces soirs, lorsque je ne me sens pas spécialement bien, et que je n'ai pas très envie d'écrire, quand je décide de ne pas prendre ma plume mais utiliser ma voix. Je lance le traducteur automatique, je ne réfléchis pas très bien, les mots sont confus, la plupart du temps ça ne veut pas dire grand-chose. Je pars un peu dans tous les sens, les idées virevolte, je suis vraiment moi. C'est cela que j'appelle un jeu d'encre. Il y a des tâches, il y a des fêlures, il y a des erreurs, mais c'est brut de sens. Alors voilà, une deuxième tâche d'encre, car ce soir encore, j'ai des choses à dire, mais rien à écrire.

Tout le monde veut, un moment ou un autre, dire qu'il ne regrette rien. Moi aussi, souvent, je préfère dire que je n'ai aucun regret, aucun remord, car c'est plus simple. Car c'est plus simple de vivre avec un passé en paix. Mais parfois, je crois que la vraie difficulté, la vraie complexité de la vie, c'est de savoir dire que tout n'est pas ok. Parfois, avant même de savoir résoudre un problème, il faut savoir le trouver. Alors voilà, parfois tout va bien, et je suis vraiment heureux. J'ose le dire, car ce n'est pas quelque chose de simple, car ce n'est pas quelque chose que tout le monde partage. Mais parfois aussi, comme ce soir, il y a des regrets. Il y a des regrets parce que, je souhaiterais que certaines situations, que j'ai particulièrement aimé, aboutissent autrement. Alors voilà, on fait avec. Nos pensées tournent dans nos têtes, rien n'est vraiment clair. Je crois que finalement, ce n'est pas tellement nos remords qui pose ton problème. Ce sont ce qu'on en fait. J'ai des remords, c'est une certitude. Parfois, je ne les ressens pas. Parfois, j'arrive à les dissimuler, à les mettre sous le tapis. Mais voilà, les remords ça travaille. Alors certaines nuits, lorsque la plume que je tiens n'arrive pas à me soulager, mes pensées m'envahissent. C'est le genre de soir, où je regarde les étoiles, ou bien le plafond, toujours allongé, à me demander où se situe vraiment la place qui est la mienne. Ce n'est pas évident pour personne chacun doit trouver sa place et la vie est bien trop compliquée pour que l'on puisse vraiment se définir à sa place quelque part. Je commence à comprendre lorsque l'on me dit que je ne peux pas comprendre justement. Chacun est différent, chacun a son propre vécu, ses propres histoires, ses propres blessures. Je crois que la folie de l'homme, c'est de donner toutes les armes à quelqu'un pour lui permettre de le détruire, en espérant au fond de lui que la personne ne le fera pas. Certains appellent ça l'amour, d'autres la stupidité, d'autres ne comprennent juste pas. Je ne fais partie d'aucune de ces trois catégories. Je crois que je suis fondamentalement un idéaliste. Alors voilà, idéaliste ça fait souvent perfectionniste. Mais je ne veux pas être perfectionniste. Je veux être simple. Je vais aller à l'essentiel. Lorsque j'aime, j'aime vraiment. Lorsque que je déteste, je hais, j'excere. Je ne suis pas du genre à aimer facilement, pas plus que je suis du genre à haïr. Mes proches me disent souvent que je ne ressens pas grand-chose, ou en tout cas pas en apparence. Il est vrai que je suis du genre à intérioriser. Mais voilà, quelque chose que je ne peux pas faire, c'est oublier. Je me souviens encore, lorsque j'avais 4 ans, de mon insouciance, de mes bêtises, de mes rêves, de mes espoirs. Je veux vivre ma vie, non pas comme une suite de page, mais comme une pile. Je ne veux pas construire à côté de ce que j'ai déjà.

Je me demande parfois si objectiver est vraiment bon. Alors c'est sûr, avoir le sang froid c'est quelque chose de bien. Dans plein de situations j'ai réussi à m'en sortir, plutôt bien, parce que je ne réagissais pas, parce que je savais garder mon calme. Mais alors parfois, lorsque les sentiments sont trop forts, j'ai le mauvais réflexe d'objectivité. Je n'arrive pas à vivre la situation, je dois me la décrire, je dois l'analyser, je dois la comprendre avant de pouvoir réagir. C'est quelque chose d'assez handicapant dans la vie de tous les jours, c'est quelque chose d'assez compliqué à vivre. Lorsque certains seraient en pleurs, lorsque certains seraient Tremblant, je ne sais pas faire. Je reste impassible, presque sûr de moi. Je sais lorsque je devrais pleurer, je sais lorsque je devrais m'écrouler, je sais lorsque la vie est parfois trop dure. Dans ces moments-là, je ne sais pas prendre cela comme un problème de ma vie. Il s'agit là encore de quelque chose d'extérieur. C'est assez difficile de vivre vraiment les choses par moi-même. Seul les émotions les plus fortes l'emporte. Par exemple, l'amour ou l'amitié sont de ses sentiments dont je me souviens, que j'arrive à vivre et à éprouver sur le moment. En revanche, c'est assez difficile pour moi de vraiment ressentir la peine, de vraiment ressentir la douleur. Une des émotions cela dit, que je ressens fort lorsque je le ressens, bien que cela soit rare, c'est la peur. Et parfois, lorsque j'ai vraiment peur, souvent de perdre quelqu'un, je ne sais pas relativiser. Lorsque j'ai peur, lorsque je suis en colère, je ne me reconnais plus. C'est dans ce moment-là, que je sais exactement ce que je dois faire, que je sais qui je suis exactement. C'est avec précision que l'on s'oriente dans l'obscurité de ses émotions lorsque l'on a ce trop-plein de peur.

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