Pardonne Moi

publié le 26/05/2023 00:00

 "   Pardonne moi, si je n'ai pas su être à la hauteur. Pardonne moi si je n'ai pas su agir comme tu l’espère. Pardonne moi, je t'en prie, si tu as ressenti de la haine à ton égard. Pardonne moi finalement, de ne pas m'être excuser plus tôt. Les mots me manquent lorsqu'il s'agit de faire preuve de cette humilité que tu as trop souvent attendus de moi. Je suis un être imparfait et égoïste. Je suis un être trop souvent malheureux. Mais je ne suis pas un être inconscient et mon humanité ainsi que ma morale ne saurait te dire ces maux. Alors j’espère un jour pouvoir te les faire comprendre.   "

À vous deux...


S'excuser, un acte très loin d'être naturel pour beaucoup de nous. Particulièrement dû à notre nationalité française mais aussi notre status humain tout simplement, cet acte me semble tellement plus puissant que ce qu'il peut laisser paraître. Dans toute discussion, tout débat, toute dispute, tout échange, celui qui a fauté et qui s'excuse est en position de force. Celui qui s'excuse justement est toujours celui qui a raison. Peut importe sa faute, il est courant de ressentir de la pitié lorsque quelqu'un s'excuse et se fait rejeter. Pas parce qu'il avait raison de fauter, mais parce qu'il lui a demandé un courage certain pour faire abstraction de son égo, faire abstraction de l'image qu'il souhaite se donner auprès des autres, et aller reconnaître sa faute. Ce courage là constitue définitivement une force chez tout à chacun.

Le soir, un de ces nombreux soir ou mes pensées me rattrapent, lorsque le sommeil me guette mais ne veut pas de moi, je me prend continuellement a pensé au passé, aux relations au travers desquels j'ai pu évolué. Et je crois que les seuls relations qui m'empêche encore de m'endormir et qui me font me sentir mal dans ma peau sont celles ou je n'ai pas ultimement pris le temps de m'expliquer. Disons les termes, de m'excuser.

Je maudis régulièrement mon égo. Celui qui me faisait croire que je détestais mes parents lors des disputes familiales. Celui qui, maintenant encore, me retiens d'aller voir des proches, mes yeux plongés dans les leurs, et de m'excuser, à bras ouverts. La peur du rejet y est certainement pour beaucoup mais je suis convaincu que l'excuse la plus sincère est celle ou la réaction importe peu, pourvu que l'autre soit aussi sincère que soit. Et j’espère de tout coeur que des excuses sincère finissent toujours un jour ou l'autre par être accueillies.

En tant qu'homme d'autant plus, on grandit avec la nécessité d'être fort, d'être sûr de soit, de ne pas douter des choses et surtout pas de ses actes. Au travers de cet orgueil masculin, il est difficile pour les jeunes garçons de voir leurs erreurs, de les admettre, de les comprendre et de les accepter. J'aimerai dire à ce jeune garçon que j'ai pu être combien il a eu tort, combien l'échec et la faute sont enrichissante et combien il est important de les reconnaître. Les reconnaître pas uniquement pour soit, mais les reconnaître auprès de chacun. Je suis très fier de cet enfant quoi qu'il soit devenu et j'aimerai parfois lui rappeler qu'il ne doit pas porter le poids du monde, ni même celui de son propre monde. Je sais combien des excuses peuvent chambouler ce petit monde, ce petit être et ses petites voix qui lui murmure combien il est fort et ne pleure pas. Jamais. Non pas parce que pleurer ses pour les femmes, il n'a jamais cru cela. Mais parce que pleurer, pour lui, c'est destiné aux faibles. Ceux qui craquent, ceux qui ne savent pas tenir la tête droite et renoncer aux excuses. Ce petit bout de chou du haut de ses 10 ans me regarderait le regard fier. Fier de tout pouvoir charger sur son petit dos. Mais je saurai distinguer derrière son visage assuré et son regard de têtu toute la détresse et toute les larmes contenus dans ses petits yeux. Ce gamin trop vite grandis qui jamais ne pourra entendre qu'être faible, sa fait du bien, que lorsqu'on se trompe, il faut l'admettre, sous peine de détruire sa carapace la plus solide. Une carapace si bien pensée, qu'elle contiendra toutes ses larmes lorsqu'il grandira, qu'elle contiendra toutes ses excuses et toute sa peine.

Aujourd'hui, petit, je m'excuse de ne pas t'avoir donné plus d'amour, plus de tendresse, plus de temps à te découvrir. Ce temps qui t'aurai rendu tout ce que tu détestai le plus: faible. Je m'excuse de t'avoir fait croire que la force est la vertu de l'humain. C'est uniquement celle des survivants. Aujourd'hui, petit, je te présente mes excuses pour tout ce que tu as pu faire parce que tu croyais le devoir, parce que tu savais le pouvoir. Pardonne moi, ce soir, d'avoir laissé ma plume te tirer de tes larmes qui te font souffrir.

J’espère que cet enfant comprendra que ses larmes seront un jour, le plus beau cadeau qu'il pourra donner à une femme.

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