Parfois, lorsque je suis entouré, lorsque chacun est occupé à rire est devenir heureux, je réalise combien la vie est courte. Je vois ces visages souriant, je constate la bienveillance du monde mais je ne peux m'empêcher de songer à tout ces gens allongés paisiblement, sans que leurs torses ne puissent plus jamais se soulever, sans que la lumière ne puisse plus jamais pénétrer au sein de leurs pupilles, sans que plus jamais ils ne puissent penser à tout ce qui peut me traverser la tête à ce moment précis. La vie est diablement fourbe, comme un médicament indolore, comme un salaire régulier, te rassurant, t'amadouant, te crystalisant dans le moment présent. C'est en t'arrachant seconde après seconde de ce précieux temps qu'elle subsiste. Il n'y a finalement rien de plus mesquin que la vie, la mort a définitvement une gentillesse que jamais l'existence ne saurait lui emprunter. Quoi de plus douloureux que de ne pas se voir souffrir ? La vie n'est finalement qu'une maladie que chacun de nous porte dans son coeur, nous faisant oublier jour après jour que la fin existe, que les gens d'hier ne sont plus. J'ai du respect pour ces hommes allongés sous cette terre qui héberge notre folie, notre fièvre de passion et d'envie, d'ivresse et de mépris, d'humanité prétendument grande et de joie toujours un peu trop fière. L'homme est aveugle, la mort est belle. C'est comme tout à chacun que je m'accroche à vivre, effrayé de la peur, amputé du silence. Je ne suis pas différent, je suis juste un de ceux que l'absence de peine ne saurait amadouer. Alors vient, je t'attend, moment de joie et de bohneur, soulage donc ce tourment qui ne sait me guérir, ni même m'imputer de la vision d'antant, infantile et terrible, constatant mon effroie de ne plus jamais vivre autrement que par moi. Je t'ouvre grand mes bras et t'offre mes sourires car je n'ai finalement que de la lacheté à offrir à mon coeur qui ne sait pas guérir autrement à quoi bon ne jamais exister ? Et si dans ces moments de pure lucidité dieu ouvre son oeil bon et me reconnais juste bien que je ne quémande aucun de ces pardons et que je ne le prie pas : la guerre est trop injuste, si dans ce moment là il veut bien m'acceuillir et me guider les pas vers un beau souvenir qui restera jamais jusque dans ma mémoire bien plus qu'une soirée surtout le dernier soir. Alors je m'en irait que la lune me pardonne, son regard souverain n'épargnera personne, et je ne peux rien dire aux vivants en ce monde sinon de vous chérir au dessus de ma tombe.
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