Deuil

publié le 18/02/2024 06:40

Je crains le deuil plus que ma propre mort peut-être

Lorsque la vie décide de son ultime souffle

Comme si jamais je n'aurais dû le connaître

Comme si mes larmes malgré moi se camouflent

 

Je réfute, je refuse, je méprise, je maudis

Le fatalisme absurde de ces gens trop dociles

Je m'énerve, je m'enivre, je m'exile, je m'enfuis

Refouler n'est pas sain, accepter trop facile

 

Je porte l'infinité des souvenirs dans mon cœur

Pour ne jamais qu'un jour on le dise oublié

Je joindrai mes larmes auprès du saule pleureur

Et au creux de mes bras je me sens apaisé

 

Il a disparu il y a plusieurs longs mois

Je n'étais pas perdu, me suis-je jamais trouvé ?

Je confesse repenser à lui quelquefois

À son rire encore là, juste pas tout à fait

 

Je crains le deuil plus que ma propre mort c'est sûr

Et pour ne rien arranger je suis très opiniâtre

L'infinité existe, au diable les impostures

Que ceux qui ne me croient essaient donc de m'abattre

 

Si tout un jour n'est plus, je veux être ce qui reste

Incarner l'exception qui survivra toujours

Non pas parce que c'est moi, je m'espère modeste

Mais je ne conçois pas de délaisser l'amour

 

Ce qui a pu être un jour demeurera avec moi

Et aucune boîte en bois ne saurait t'exiler

Ton corps n'est plus ici m'a-t-on dit l'autre fois

Mais ton souvenir persiste, je peux te l'assurer

 

Peut-être aurai-je tort ? Peut-être bien me leurrerai-je ?

Mais qu'importe après tout, je suis heureux ainsi

Le bonheur peut-il bien vivre de mon manège ?

Dans la fête foraine que constitue ma vie

 

Je crains le deuil plus que ma propre mort en vrai

Et pour tout vous confier je ne saurais m'enterrer

C'est magique je crois de pouvoir emporter

Jusque dans l'au-delà ce qui m'est arrivé

 

Même la fin du texte n'est pas simple à écrire

Mais un peu comme partout je me dis qu'un beau jour

J'aurai mieux à transmettre, davantage à vous dire

Ce texte demeurera, en attendant ce jour

 

Il m'attendra c'est sûr et j'attends d'être près

Pour le chérir encore parce qu'il n'y a de fin

Que lorsque l'on se résigne, lorsqu'on est satisfait

Tu es mort aujourd'hui, je te dis à demain.

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