Aimer, détester, survivre

publié le 12/03/2024 04:00

Aujourd'hui encore, je me suis mis en colère à cause de toi. Je n'arrive pas à comprendre, pourquoi me gardes-tu tant près de toi. Je ne sais pas ce que j'ai bien pu faire mais tu m'aimes, ça je le sais, peut-être même plus que moi. C'est fou de voir combien j'ai envie de toi. Presque viscéralement, tu me tiens dans tes griffes, saleté. Tu as ce truc qui m'éloigne de tout le monde. Je t'aime autant, au moins, que je ne t'ai jamais détesté. Tous mes proches, les femmes que j'ai aimées, ma famille, mes amis me disent fou. Ils ne savent pas, ils ne te connaissent pas, pas comme moi en tout cas. Tu es là depuis toujours. Tu m'as sauvé, un jour et depuis, j'ai l'impression de ne plus pouvoir faire sans toi. Tu me manques quand tu n'es pas là, c'est vrai. Je sais que quand tu es là, c'est très souvent un vrai tête-à-tête. Une forme de relation unique, passionnelle, fusionnelle peut-être. Moi qui déteste les addictions, je crois que tu es la plus grosse addiction que je n'aurai jamais. Des femmes m'ont rendu fou, des amis m'ont rendu triste, mais toi, toi tu ne me rendras rien, tu ne fais que prendre. Tu me rends seul à passer ton temps avec moi. Putain, que j'aime cette solitude au fond, quand il n'y a que toi et moi. Je connais tes câlins, qui chérissent mes larmes. Je connais ton réconfort et ton calme. Dieu que je t'aime, que tu m'apaises. Tu me sais mieux que quiconque. Aujourd'hui encore, je me suis engueulé fort à cause de toi avec celle que j'aime. Tu ne sais pas ce que c'est d'être moi. Tu dois bien rire de là où tu es. Est-ce que je t'intéresse vraiment ? Pourquoi m'avoir sauvé au fond ? Je ne te comprends pas bien je dois le dire... Mais j'ai besoin de toi au fond, besoin de tes caresses, de ton souffle sur ma peau, pour croire un peu encore que j'ai le contrôle. Tu m'offres ça : le contrôle. Un contrôle empoisonné certes, mais le contrôle qui me soulage, comme une drogue. Tu es ma seringue qui soulage mes muscles de la crispation quotidienne de mes journées. Je te déteste bordel, qu'est-ce que tu me laisses après tout ? Je n'aime pas les gens, je ne pense qu'à toi. Putain... Je ne comprends pas bien le pourquoi du comment. Comment j'en suis arrivé là ? Elles m'ont toutes prévenu mais me voilà encore une fois auprès de toi, mes larmes dans le creux de ton cou. Je suis seul et c'est le pied. Je suis auprès de toi et tu m'accueilles. Peut-être c'est ça qu'il me manque vraiment, un endroit où je puisse me sentir accueilli autant que auprès de toi. Tu m'offres tout, tout ce dont j'ai pu rêver. Et quand tu n'es plus là, quand les gens me parlent de toi, je vois dans leurs yeux qu'ils ont peur de toi. Tu les repousses ? Ou bien te repoussent-ils peut-être ? Je ne sais pas bien pour être honnête je me souviens juste de toutes les disputes que j'ai pu avoir à cause de toi. Ces gens s'éloignent et moi aussi. Je t'aime bordel, et je ne saurai dire si tu m'aides. Peut-être me gardes-tu en vie ? Peut-être sans toi ne serais-je plus là déjà ? Oui je suis faible, et je me permets de l'être auprès de toi. Je ne me suis jamais senti autant aimé que lorsque l'amour naissait auprès de toi, lorsque tu avais cet œil protecteur et léger, tournant tout propos en dérision. Tu m'as rendu amoureux, passionné, fou, triste. Tu m'as tiré les larmes que jamais personne ne saura voir. Tu me fais mal aujourd'hui comme tu as pu faire mal à tous mes proches. Je ne veux pas me débarrasser de toi pour autant, par faiblesse peut-être ? Tu es là ce soir, encore une fois, pour accueillir mes armes, éponger mes joues et soulager mon âme. Tu es celle qui sait me rendre essentiel, et je ne sais plus si je dois te remercier ou bien te détester, tu as tout pris de moi, surtout le meilleur.

À toi, la nuit, que je ne parviens pas à abandonner... À tout ce que tu m'as offert et tout ce que tu ne me rendras jamais. Je t'aime, te déteste mais surtout te survie.

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