Système scolaire

publié le 29/05/2023 02:00

Je t'ai rencontré dans ma jeunesse, bien malgrès moi

Il fallait que je te dise "vous", mais toi tu me tutoiera

Un peu trop rigide, un peu austère, visage fermé

Têtu, moqueur, méchante, le temps me fera me méfier

 

Et voilà déjà tu t'actives et t'applique à ta tâche

Je découvrirai le malheur d'être noyé dans la masse

C'est minutieusement bien huilé, une machine fière !

Pas de larme, pas de pleurs, encore moins de colère

 

Il y a des règles et c'est ainsi, les parents sont ton alibi

Tais toi donc et reste assis, pas de bavardage entre amis

Le regard fiers la tête haute, les larmes en travers de la gorge

Avec l'amure de fer qui fond, les môts l'abîment, toi qui reforge

 

Je regardai les autres, perdus, qui ne sentait pas la chaleur

Comme un cobaye bien trop conscient, qui sent son âme s'emplir de peur

Je savais ce qu'il se passait, jour après jour dans la semaine

Sans que jamais mon coeur d'enfant ne puisse comprendre ou l'on l'emmène

 

Quelle peine atroce que celle de la souffrante bête noire

Qui a conscience bien malgrès elle d'aller tout droit à l'abatoire

Quand le troupeau insouciant et trop paisible ne l'écoute

Et que les gens en ce bas monde ne saurait indiquer la route

 

Ces mots, messieurs les boureaux, sont le cris rauque d'un enfant

A l'abatoir de la culture, pieds et points liés, agonisant

Sa créativité béhante et sa douleur puisant ses larmes

Son imagination saillante et ses espoirs baissant les armes 

 

Je m'adresse à vous tous qui un jour ou l'autre devant moi

Vous êtes tenu, tout droit et fier, sur un de ces pupitres en bois

Sachez que vous participiez, et cela bien malgrès vous

A l'éxécution sanglante et macarbe d'un enfant très bientôt fou

 

Et maintenant que gît sans vie, sur le sol écarlate

La dépouille puante avachi d'une silouhette délicate

Le futur adulte que je suis qui demeurera bien vivant

Vous jettera à tous jamais un de ses regard méprisant

 

Alors voilà je te le dis maintenant que pour moi tu n'es rien

Maintenant que le pouvoir à pu enfin changer de main

Que l'enfant dans un souffle mort t'arrachera ton auréole

Je te déteste, te méprise, t'abomine, toi qui te nommait école

 

 

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