Je t'ai rencontré dans ma jeunesse, bien malgrès moi
Il fallait que je te dise "vous", mais toi tu me tutoiera
Un peu trop rigide, un peu austère, visage fermé
Têtu, moqueur, méchante, le temps me fera me méfier
Et voilà déjà tu t'actives et t'applique à ta tâche
Je découvrirai le malheur d'être noyé dans la masse
C'est minutieusement bien huilé, une machine fière !
Pas de larme, pas de pleurs, encore moins de colère
Il y a des règles et c'est ainsi, les parents sont ton alibi
Tais toi donc et reste assis, pas de bavardage entre amis
Le regard fiers la tête haute, les larmes en travers de la gorge
Avec l'amure de fer qui fond, les môts l'abîment, toi qui reforge
Je regardai les autres, perdus, qui ne sentait pas la chaleur
Comme un cobaye bien trop conscient, qui sent son âme s'emplir de peur
Je savais ce qu'il se passait, jour après jour dans la semaine
Sans que jamais mon coeur d'enfant ne puisse comprendre ou l'on l'emmène
Quelle peine atroce que celle de la souffrante bête noire
Qui a conscience bien malgrès elle d'aller tout droit à l'abatoire
Quand le troupeau insouciant et trop paisible ne l'écoute
Et que les gens en ce bas monde ne saurait indiquer la route
Ces mots, messieurs les boureaux, sont le cris rauque d'un enfant
A l'abatoir de la culture, pieds et points liés, agonisant
Sa créativité béhante et sa douleur puisant ses larmes
Son imagination saillante et ses espoirs baissant les armes
Je m'adresse à vous tous qui un jour ou l'autre devant moi
Vous êtes tenu, tout droit et fier, sur un de ces pupitres en bois
Sachez que vous participiez, et cela bien malgrès vous
A l'éxécution sanglante et macarbe d'un enfant très bientôt fou
Et maintenant que gît sans vie, sur le sol écarlate
La dépouille puante avachi d'une silouhette délicate
Le futur adulte que je suis qui demeurera bien vivant
Vous jettera à tous jamais un de ses regard méprisant
Alors voilà je te le dis maintenant que pour moi tu n'es rien
Maintenant que le pouvoir à pu enfin changer de main
Que l'enfant dans un souffle mort t'arrachera ton auréole
Je te déteste, te méprise, t'abomine, toi qui te nommait école
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